Convaincu que le clivage gauche-droite n’a plus cours mais que les vraies lignes de fracture se situent aux extrêmes, Mathieu Lavarenne veut profiter de ces législatives pour restaurer le républicanisme. Il défendra les couleurs de « Plateforme 2007 », le parti qu’il a créé.
Son ambition ? Restaurer l’idée de République. Comment ? En bâtissant un rassemblement populaire de citoyens. Le scrutin de dimanche, Mathieu Lavarenne l’appréhende dans cette optique. Il y voit avant tout un levier pour faire connaître « Plateforme 2007 » le parti qu’il vient de créer pour promouvoir le républicanisme, notion qui selon lui, dépasse le clivage gauche-droite. « Lors du référendum sur l’Europe on a pu se rendre compte que la gauche et la droite comportaient dans leurs rangs des républicains qui ne veulent pas de la mondialisation libérale », plaide Mathieu Lavarenne. Et par « républicain », il entend des personnes qui croient encore à la politique et à sa capacité à changer la vie. Il leur oppose ceux qui « subissent » la globalisation présentée comme un phénomène inévitable et qui considèrent que l’être humain doit se soumettre aux règles de « l’organisation mondiale du commerce et des firmes multinationales ».
Partisan de l’intervention de l’Etat
Au delà du discours théorique, au plan pratique donc, Mathieu Lavarenne prône la restauration de l’autorité de L’Etat. Philosophiquement il se revendique de Clémenceau. Economiquement de Keynes, cet économiste britannique du début du XX e siècle partisan de l’intervention de l’Etat. « La France est une grande nation politique. Elle a la possibilité et le pouvoir de prendre l’initiative d’un nouveau traité de coopération européen où les Etats imposeraient des règles à la finance. Au Venezuela, Hugo Chavez a démontré qu’il était possible de ne pas céder à l’organisation mondiale du commerce ».
Restaurer l’autorité
Sur le plan de la politique intérieure, Mathieu Lavarenne n’hésite pas à briser certain tabous. Sur les 35 h par exemple. « Nous vivons dans une société qui s’inscrit dans une logique de fin du travail. Or le travail est notre richesse, le facteur essentiel de l’intégration sociale et de la citoyenneté. Cette idée de fin du travail a conduit au sacrifice de pan entiers de notre économie. Il faut que l’Etat adopte à nouveau une politique industrielle et non pas une politique d’abandon devant les délocalisations ».
Autre positionnement iconoclaste : ses idées sur l’individu et l’éducation. Idées qu’il met au centre de son raisonnement et qui le pousse à lier la politique à l’anthropologie. « On ne devient pas homme spontanément. Etre humain, c’est hériter d’un cadre », annonce Mathieu Lavarenne qui dénonce l’individualisme « né de la théorie de l’épanouissement ». Pour lui, il s’agira par exemple de restaurer les apprentissages fondamentaux à l’école comme lire, écrire, calculer, connaître son histoire et sa géographie ou participer à des leçons de choses. De même, au plan environnemental, Mathieu Lavarenne estime que « penser les activités sur le modèle d’une croissance infinie fondée sur des ressources naturelles finies est une impasse ».
« Certains me traiteront de gauchiste, d’autres de réactionnaire », conclut un candidat qui veut délibérément brouiller les cartes en se réclamant d’un parti qui se veut celui des esprits libres."
Julien Steinhauser
Photo J.S.
"Pas un inconnu...
Conseiller municipal depuis 2001 à Mooslargue, son village d’origine, Mathieu Lavarenne est une figure connue dans le Sundgau. Il est investi dans la vie associative, notamment culturelle puisqu’il a participé à des spectacles théâtraux et musicaux. Il est musicien dans le groupe « La poupée du loup » que l’on a déjà vu sur plusieurs scènes de la région. Par nécessité professionnelle, il a du momentanément « s’expatrier » dans le Bas-Rhin, à Molsheim, où il enseigne les lettres et l’histoire dans un lycée professionnel. Il vit maritalement mais n’a pas d’enfant. Mathieu Lavarenne a un temps milité au mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement. Il s’était d’ailleurs présenté pour le compte du MDC aux dernières législatives à Colmar.
Plateforme 2007, le parti qu’il a fondé en 2007 présente quatre candidats (deux dans le Haut-Rhin, un dans le Bas-Rhin et un dans l’Oise). Plateforme 2007 s’inscrit dans une mouvance politique fédérée derrière Nicolas Dupont-Aignan, député (ex-UMP) opposant à Nicolas Sarkozy et se revendiquant comme gaulliste et républicain."
J.S.
Robin Burglin
"Il s’agit de sa première expérience politique. « Je me documentais depuis longtemps. Je cherchais désespérément dans l’offre politique quelque chose qui convienne à mon idéal républicain et je dois dire que je restais sur ma faim jusqu’à ce que Mathieu me fasse part de son projet de création du parti Plateforme 2007 », raconte Robin Burglin qui a accepté d’être le suppléant de son ami d’enfance. En effet, comme Mathieu Lavarenne, Robin Burglin est originaire de Mooslargue. Et comme Mathieu Lavarenne, il est musicien (violoniste) et fut acteur dans plusieurs spectacles de l’association de l’association les Mattagumber dont il est le trésorier. Marié et père d’un enfant, Robin Burglin a eu un parcours professionnel atypique. Déjà titulaire d’un DUT, il a repris une formation universitaire qu’il vient d’achever et qui lui a permis d’obtenir un DESS. Robin Burglin travaille comme chef de projet et consultant en logistique-production."
J.S.
Édition du Mer 6 juin 2007