
Le château de Ferrette, édifié en 1105 par Frédéric, comte de Montbéliard, domine le Sundgau et les vallées du Jura, à 610m d’altitude. Il est probable que la base de la bâtisse ait été une tour d’observation déjà construite par les Romains, pour protéger la voie militaire au pied de la colline.
Avec le mariage de Jeanne de Ferrette et de l’archiduc Albert de Habsbourg en 1324, le comté passe à la maison d’Autriche pour plusieurs siècles. Il est presque détruit en 1633, pendant la guerre de Trente Ans. Hartmann d’Erlach, allié des Suédois, avait envahi le Sundgau et s’était emparé de Ferrette. Du fait des exactions perpétrées par les Suédois, les paysans se révoltèrent, attaquèrent le château, et défenestrèrent le commandant d’Erlach. En guise de représailles, les Suédois incendièrent la partie supérieure du château et en détruisirent l’enceinte.
En 1639, le comté de Ferrette est pris par les troupes françaises. Quelques années plus tard, en 1648, le Traité de Westphalie accorde l’Alsace à la puissante France de Louis XIV (au même moment, l’Allemagne est une mosaïque de 343 principautés disparates ; elle ne s’unifiera qu’en 1870). Le Roi Soleil en fera don, 10 ans plus tard, au cardinal de Mazarin, son ministre, qui mourra sans descendance. Le prince de Monaco acquiert alors le titre de Comte de Ferrette, qu’il possède toujours.
C’est dans ces lieux enchanteurs, symboliques du patrimoine historique alsacien, que j’ai activement participé à la création de deux spectacles d’été, avec l’association d’Mattagumber. Le premier, Tag un’ Nacht, conte d’un jour et d’une nuit au pays des songes ; le second, libre adaptation de la Nef des Fous de l’alsacien Sébastien Brandt (1498).
De nombreux amoureux du château contribuent de diverses manières à sa survie à travers les siècles. Pourvu que cela dure !