
Le clivage politique fondamental de notre époque n’oppose pas la "gauche" et la "droite". Au contraire, il les traverse et oppose ceux qui pensent que la politique est devenue impossible en raison de la globalisation à ceux qui considèrent que la politique peut et doit toujours donner une forme à notre avenir.
Ainsi, le vrai clivage oppose d’une part les « gestionnaires » qui veulent que nous nous soumettions aux règles de l’Organisation Mondiale du Commerce, de l’Union européenne, aux firmes multinationales et à la finance globalisée, et d’autre part les « politiques » qui pensent qu’il faut combattre cette évolution et lui imposer des règles et des exigences salariales, sociales et environnementales. Les premiers pensent que les sociétés s’organisent spontanément, les seconds qu’elles sont construites par l’action politique.
Depuis que la "gauche" et la "droite" se sont converties et soumises, chacune à sa façon, sans le reconnaître, à l’idéologie de la globalisation et de l’intégration européenne, notre pays est de moins en moins une "société politique" mais devient une "société de marché" dominée par les intérêts privés, qui provoquent nos difficultés : les délocalisations, le chômage, la pauvreté, la précarité qui nous frappent de plus en plus.
La République (cette "chose" qui est commune) est justement l’ensemble des repères partagés, des institutions et des règles qui nous portent et qui nous permettent de faire que notre société ne soit pas une jungle dont la loi est la concurrence.
La République n’est pas juste un régime sans roi, elle est une ambition pour la démocratie, une exigence de gouvernement qui vise à toujours mettre en œuvre des cadres permettant la convergence des contributions individuelles et du Bien commun. Elle est l’opposé de la "société de marché" que promeut la globalisation, dans laquelle il n’y a que des consommateurs-producteurs-flexibles de plus en plus précaires en poursuivant leurs "intérêts".
Il y a dans notre pays un potentiel civique républicain considérable que l’énorme participation à l’élection présidentielle a une fois de plus révélé. Les Français ne sont pas fatalistes et se tournent vers la politique pour que celle-ci donne une forme à notre avenir. Malheureusement ce potentiel politique croupit sous la domination des partis actuels.
Dans ce contexte, l’initiative Plateforme2007 vise à organiser le pôle des républicains, afin de porter le soulèvement des citoyens, d’imposer un clivage et des partis politiques pertinents face aux enjeux de notre époque. Pour cela, nous devons entraîner les premiers rangs des citoyens de l’attentisme dans l’action. Ils seront comme les premiers dominos qui en feront basculer d’autres, qui à leur tour entraîneront les suivants.